CONSEILS

 

 

LE PALUDISME

A n’en douter, le paludisme représente une inconnue pour les voyageurs occidentaux qui se déplacent vers les tropiques.

Il est vrai que le paludisme est une maladie parasitaire devenue inconnue en Europe, alors qu’elle y a existé.

Et comme toute situation inconnue, elle crée beaucoup d’angoisse, que celle-ci soit reconnue ou pas.

Le paludisme, pourtant, pour tout ce qu’il a d’inconnu pour l’Europe, est à l’inverse la maladie la plus connue des tropique, car la plus fréquente, tellement fréquente que bien souvent, les personnes vivant en zone endémique consultent peu pour ça. Connaissant les symptômes, ils se fournissent directement en pharmacie sans passer par un médecin.

La particularité du paludisme est qu’il s’agit d’une parasitose sanguine. Et qui dit parasitose dit agression. Et qui dit agression, dit ennemi, et affronter un ennemi inconnu est angoissant.

Fort heureusement, l’Organisation Mondiale de la Santé, met à la disposition de tous les médecins des informations sur les médicaments à prendre en prévention quand on va dans une zone où sévit le paludisme.

QU’EST-CE QUE LE PALUDISME ?

Le paludisme est une maladie liée à la présence dans le sang de parasites de la famille des plasmodiums.

Il se manifeste par :

-         De la fièvre,

-         Des douleurs musculaires

-         Des courbatures

-         Des maux de tête

-         Des urines foncées

-         Parfois des douleurs abdominales (non typiques) des nausées et des vomissements. La diarrhée est possible (surtout chez les enfants)

La fièvre dans le paludisme existant au Togo se répète tous les trois jours (peut prédominer les soirs) ce qui ce qui faisait désigner le paludisme par le terme de fièvre tierce (il existe d’autres types de fièvre palustre, exemple : la fièvre quarte,…)

COMBIEN DE TYPE DE PALUDISME EXISTE-T-IL ?

Il existe autant de paludismes qu’il existe de plasmodium.

Le plasmodium est le parasite responsable du paludisme. On peut citer :

-         Le plasmodium falciparum, qui représente 98% des paludismes retrouvés au Togo

-         Le Plasmodium malaria,

-         Le plasmodium ovale

-         Le plasmodium vivax

Le plasmodium falciparum est la seule forme de plasmodium pouvant entrainer le paludisme cérébral (neuropaludisme).

Le plasmodium a deux formes de reproduction : une reproduction asexuée dans le sang de la personne parasitée et une reproduction sexuée dans l’estomac de son vecteur (l’anophèle femelle).

COMMENT CONTRACTE-T-ON LE PALUDISME

On ne contracte pas le paludisme en buvant de l’eau ou en mangeant.

L’anophèle est un moustique qui existe au Togo. Ce moustique ce nourrit en piquent les personnes exposées. Seule l’anophèle femelle transmet le parasite responsable du paludisme. Lorsque l’anophèle pique une personne qui présente le paludisme, elle ingère les parasites sous plusieurs formes. Toutes les formes non sexuées du plasmodium sont digérées ; mais les formes sexuées (les gamétocytes) s’unissent et traversent la paroi de l’estomac de l’anophèle pour réaliser leur reproduction sur sa paroi externe. Les parasites résultant de cette reproduction vont migrer vers les glandes salivaires de l’anophèle.

Pour se nourrir l’anophèle femelle pique l’homme et aspire le sang par une trompe. Pendant cette piqure, l’anophèle utilise sa salive comme un anticoagulant ; et si cette salive contient des parasites, elle transmet le plasmodium.

Les parasites ainsi contractées passent à peine une demi heure dans le sang ; ils migrent rapidement vers les cellules du foie pour y réaliser une première multiplication non sexuée. La cellule hépatique dans laquelle le parasite se multiplie se gonfle, contenant à terme des milliers de parasites. En s’éclatant, la cellule hépatique déverse dans le sang ces parasites qui vont infester le globule rouge, y effectuant ainsi le deuxième cycle de multiplication non sexuée. Le globule rouge infecté éclatera aussi pour libérer de nouveaux parasites, et parmi ceux-ci les formes sexuées (que nous savons, impropres à une multiplication sauf si elles transitent par l’estomac de l’anophèle).

COMMENT SE MANIFESTE LE PALUDISME ?

Après un temps d’incubation (le temps correspondant au délai entre la piqure infectante et la manifestation de la maladie), la personne qui présente un paludisme signale :

-         De la fièvre,

-         Des douleurs musculaires

-         Des courbatures

-         Des maux de tête

-         Des urines foncées

-         Parfois des douleurs abdominales (non typiques) des nausées et des vomissements. La diarrhée est possible (surtout chez les enfants)

Parfois le paludisme entraine des complications liées à la destruction des globules rouges (les signes de la maladie débutent quand les globules rouges infectées éclatent) ; quand la destruction des globules rouges est importante, le contenue des globules rouges peut créer une insuffisance rénale. La même destruction de globule rouge peut être responsable d’anémie.

Le paludisme est souvent une maladie simple. Des formes graves existent : la forme pernicieuse où le taux de parasitage sanguin est élevé, la forme cérébrale (le neuropaludisme) où le parasite se multiplie quasi exclusivement dans les petits vaisseaux sanguins du cerveau.

EN COMBIEN DE TEMPS APRES ÊTRE ARRIVE EN ZONE ENDEMIQUE, PEUT-ON PRESENTER LE PALUDISME ?

Les personnes vivant dans les zones endémiques présentent moins de paludisme qu’ils ne devraient, si on prend en compte leur exposition aux piqures d’anophèle. Ceci est liée à la prémunition (une sorte de d’aptitude passagère à développer le paludisme ; passagère car quand ces personnes sont extraites à cette exposition, elles perdent leur prémunition).

Ordinairement, après avoir été soumis à une piqure infectant de l’anophèle, il se passe entre huit et vingt (8 à 20) jours avant qu’one ne présente la maladie. Il s’agit du temps dit « d’incubation ».

LE PALUDISME EST-IL FACILE A SOIGNER ?

Absolument. Et les médicaments sont d’accès facile.

Par contre les formes graves de paludisme précédemment citées sont des urgences médicales qui nécessitent une prise en charge en milieu médical.

COMMENT SE PREMUNIR DU PALUDISME

Premièrement en limitant les piqures de moustiques par :

-         Par les sprays et crèmes répulsives

-         Le port de vêtements adéquats la nuit (pantalons et manches longues) ; difficile à cause de la chaleur

-         En dormant sous des moustiquaires imprégnées (faciles à trouver en pharmacie)

Deuxièmement en prenant des médicaments antipalustres préconisés par votre médecin traitant. Ces médicaments doivent avoir été débutés au moins huit (8) jours avant de venir au Togo, pour les sujets neufs (sujets n’ayant pas de prémunition : les personnes venant pour la première fois au Togo, les togolais ayant quitté les zones palustres depuis plus d’un mois, les enfants de moins de deux ans vivant en zones endémiques).

Le choix du médicament doit se faire avec l’aide de votre médecin traitant.

 

PEUT-ON FAIRE UN PALUDISME APRES AVOIR QUITTE LE TOGO ?

Oui.

Ceci est lié au temps d’incubation que nous rappelons être de 8 à 20 jours.

On doit donc scrupuleusement poursuivre le médicament antipalustre pendant trois semaines après le retour dans le pays non endémique au paludisme.

Ceci est d’autant plus important que le premier signe du paludisme est la fièvre, or le paludisme est moins connu dans les zones non endémiques, et donc les médecins moins habitués à le diagnostiquer et à le traiter. Par ailleurs, en revenant d’une zone tropicale et en faisant une fièvre ensuite, on met les médecins dans l’embarras si on n’a pas bien suivi sa prévention, car ces derniers réfléchissent en termes de « maladies tropicales » et accusent des retards au traitement, cherchant à prouver, par les examens biologiques, l’existence du parasite dans le sang avant de décider la mise en route du traitement antipalustre.

QUELS SONT LES EXAMENS A FAIRE POUR PROUVER LE PALUDISME ?

En zone endémique, la Goutte Epaisse complétée d’un frottis sanguins suffit pour confirmer l’existence du plasmodium dans le temps.

Des examens plus sophistiqués existent aussi : la sérologie et le Test QBC.

DOIT-ON ATTENDRE CES RESULTATS AVANT DE DEBUTER LE TRAITEMENT ?

Dans les zones endémiques comme le Togo, on débute rapidement le traitement sur la base des signes cliniques, même si le résultat de la Goutte Epaisse (GE) revenait négatif. N’oublions pas que la forme grave de paludisme (pouvant être mortelle) est le neuropaludisme où les parasites sont séquestrés dans les petits vaisseaux du cerveau, donc rare dans le sang.

 

Ecrit par Dr BARRUET

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